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Ce pei a frouchelé un dico
Georges Lebouc publie un dictionnaire du bruxellois en piochant les exemples chez Virgile et Jean d’Osta.
Georges Lebouc est tombé dans une marmite de bruxellois
quand il était petit. Il faut dire que le linguiste distingué, qui publie le «
Dictionnaire du bruxellois », est né rue des Éperonniers, à dix pas de la
Grand-Place de Bruxelles.
« Mon père, un pur Français, n’a jamais compris les expressions qu’employait ma mère. Tout petit, j’ai voulu faire un lexique des tournures qu’elle disait, mais sans succès. Dans Le Soir, j’aimais les vignettes signées par Horn où l’on expliquait le sens de l’une ou l’autre expression. Puis la vie a passé, et je ne me suis réintéressé à l’idée de compiler les mots bruxellois. »
Alors que le dictionnaire de Quiévreux (1), une référence en la matière, ne comporte que de rares citations, celui de Georges Lebouc contient pour chaque mot (ou presque) une citation des textes littéraires bruxellois existants. « Il n’y pas tellement de textes, puisque le bruxellois est surtout une langue parlée. Il y a les amuseurs, comme Virgile et Jean d’Osta, Paul Van Stalle et Joris d’Hanswyck, auteur de Bossemans et Coppenolle, quelques lexiques, des chansons populaires. »
Lebouc a mis tout cela sur son disque dur, en nourrissant chaque définition d’un dictionnaire qui commence à « aa » (te, toi, vous) et finit à « zwumme » (nager), dont l’exemple cité est « hij kan zwumme gelak ne luuten hond » (il sait nager comme un chien en plomb).
Un bon exemple pour démontrer que le Bruxellois aime l’image, la comparaison, le symbole fort, au risque d’être cruel ou blessant. L’individu dont le visage est grêlé se verra apostrophé ainsi : « hij es mè za gezicht in ne stront mè kezzestiene gevalle » (il est tombé la tête la première dans une merde pleine de noyaux de cerise).
Dictionnaire du bruxellois, Le Cri, 2005, 640 pages, 38 euros.
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