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  2500 noms propres

Lu pour vous: "2500 noms propres devenus communs"

          Quand il ne consacre pas son temps d’écrivain à sa ville natale, Bruxelles, Georges Lebouc revient à ses premières amours : les langues. Source d’inspiration sans limites il est vrai. Avec ce nouveau "Dictionnaire des noms propres devenus communs" (publié aux éditions Avant-propos) l’auteur s’est amusé (le verbe est bien choisi) à retracer l’origine de mots issus des noms propres. Ils sont plus de 2500 réunis ici.

Un dictionnaire qui distille bien des surprises. Et l’on se surprend souvent à découvrir le sens caché des termes. Ainsi, nos anciens parlaient souvent des schleus (ou chleuhs) pour parler des fridolins, des boches, des teutons… Des Allemands quoi ! A l’origine, le terme voulait dire peuple berbère. Dans le « Dico de l’argot » (Larousse), on peut y lire qu'il a été employé en 1936 pour désigner un frontalier qui parlait une autre langue que le français. Durant la Deuxième Guerre mondiale, il a pris cette tournure péjorative que nous connaissons. Tout comme le frisé qui n’a rien à voir avec la coiffure mais qui se moquait du prénom allemand Fritz.
Par ailleurs, si chacun connaît l’excellente pâtisserie Paris-Brest, qui peut dire qu’elle fut créée pour commémorer le premier Paris-Brest cycliste de 1891 et remporté par un certain Charles Terront sur un vélo de … 21,5 kg. Le pauvre méritait bien cette gâterie, comme disent nos amis canadiens.

Ce dictionnaire ne se lit pas comme un roman, certes, mais on aime y flâner et découvrir des histoires insolites. Sur le gaz, par exemple. Un mot créé par le médecin belge Jean-Baptiste Van Helmont à partir du mot chaos. Le sens physique fut donné au mot gaz par Lavoisier. Chez les Grecs et les Romains, Chaos « était la personnification du vide indéterminé qui existait avant la création ».
Plus coquin, le mot mistigri, formé de miste (ancien nom du chat) et de l’adjectif gris. Il désigne tout à la fois le chat et le nom de valet de trèfle dans les jeux de cartes. Et comme beaucoup de noms liés au chat (minou, chatte, chagatte…) mistigri désigne aussi le sexe féminin. Auteur également d'un Dictionnaire érotique de la francophonie, Georges Lebouc ne pouvait passer sous silence ce sens caché. Signalons aussi ce joli mot présenté par l'auteur: mirebalais. Au XVIIIe siècle, il servait à qualifier certains valets aptes à satisfaire les dames quand leurs nobles partenaires se montraient épuisés.

Certains mots ont aussi une histoire fort peu logique. Ainsi, pourquoi a-t-on donné le nom du physicien Ernst Mach à ce rapport de vitesse largement employé en aviation ? Le savant est mort en 1916, une époque où la vitesse de 1225 km/h (soit mach 1) relevait encore de la science-fiction.

Voilà quelques extraits d'un ouvrage qui se veut tout à la fois érudit et amusant. A vous maintenant d’aller piocher dans ce dictionnaire qui n’a pas fini de livrer ses petites histoires avec ses 2500 entrées. Foi d’olibrius.

Philippe Degouy

05/04/2011 Copyright © L'Echo.be

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