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Spirou et les keekefretters
On sait tout le bien que nous pensons de la bande dessinée de Schwartz et Yann intitulée Le Groom vert-de-gris narrant avec beaucoup d’humour et d’à-propos les aventures de Spirou et Fantasio à Bruxelles sous l’occupation allemande durant la Seconde Guerre mondiale.
Or voilà que cet album est devenu Le Kastar des Marolles, par la grâce de ses géniteurs à qui s’est adjoint l’éminent savant ès lettres bruxelloises Georges Lebouc, ci-devant auteur d’une multitude d’ouvrages traitant de la langue française telle que la parlaient les keekefretters (« mangeurs de poulets », surnom populaire des habitants de la capitale de l’Europe) de bonne extraction comme le célébrissime Manneken-pis ou l’accorte Madame Chapeau, la si désirable pin-up des « strotjes » dans Bossemans et Coppenolle, une pièce de théâtre de fort joyeuse mémoire.
Très compréhensible par les non-initiés et enrichie d’un lexique bruxello-français, d’un dossier historico-anecdotique et d’un portfolio à la manière des making off du cinéma, la bande dessinée de nos trois compères s’avère encore plus hilarante et décapante, saveur du terroir langagier oblige, que sa version parue naguère en français de France, et prouve ainsi, si besoin en était encore, que la belgitude constitue un espace comique illimité…
Bernard DELCORD
Le Kastar des Marolles, par Schwartz et Yann, traduction bruxelloise de Georges Lebouc, Marcinelle, Éditions Dupuis, novembre 2009, 72 pp. en quadrichromie au format 24,5 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleur à dos toilé, 29 €
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