
Bruxelles, théâtre du cinéma
HAINAUT,DAVID
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Samedi 21 janvier 2012
Culture Une cinquantaine de décors de films
recensés dans un ouvrage
Auteur d’une quarantaine de publications, dont plusieurs
autour de Bruxelles (Histoire insolites des rues de Bruxelles,
Bruxelles vue par les grands écrivains…), ce véritable lexique vivant
qu’est Georges Lebouc ambitionnait, avec son éditeur Robert Nahum, recenser un
maximum de lieux de tournage. Un souhait exaucé dans Bruxelles fait son
cinéma, pour ce diplômé de l’ULB et ancien enseignant, passionné pour le
septième art, critique de cinéma pendant dix-huit ans pour la revue spécialisée
Grand Angle.
Votre ouvrage recense 58 films. Quels ont été vos critères de
sélection ?
Cela n’a pas été simple ! Car si certains me sont directement
venus à l’esprit, beaucoup ont été oubliés de la mémoire collective ou tourné à
Bruxelles dans la plus stricte intimité. Heureusement, grâce à mon grand âge et
à mon expérience pendant laquelle j’ai rencontré beaucoup de professionnels,
j’ai pu réunir des lieux de films évocateurs voire incontournables aux yeux du
grand public. A un moment où Bruxelles, grâce à son atypisme et la richesse
incroyable de son architecture, est en passe de devenir une ville de cinéma au
même titre que Paris.
Mais est-ce qu’à force d’être utilisée, Bruxelles ne va pas finir
par lasser ?
Je ne crois pas. Vous savez, Luc Besson envisage d’investir aux
alentours de Paris un site intégralement dédié au cinéma. Certaines personnes du
milieu prétendent qu’il va nous concurrencer, mais bien au contraire, je pense
que cela va créer une saine émulation, avec deux pôles intéressants situés à
trois cents kilomètres l’un de l’autre. La Belgique et Bruxelles resteront
toujours attractives, j’en suis convaincu. Outre des facilités de financements,
nous avons, ne l’oublions pas, des techniciens internationalement
reconnus.
Le livre, truffé d’anecdotes, fait aussi quelques fameux bonds dans
le temps. Qui avez-vous consulté pour la réalisation ?
Une seule personne, Marc Danval, le célèbre homme de radio qui
anime La Troisième Oreille sur la RTBF. C’est un homme doté d’une mémoire
ambulante qui m’a mis le doigt sur une foule de petites histoires inédites. La
Cinematek m’a également très utile aussi, je le souligne. Pour le reste, j’ai
fait pas mal de recoupements via un gros travail de documentation, à travers
articles de presse.
Rien à déclarer
Noël au Volle Gas
Si l’essentiel du film a été tourné à Macquenoise dans le Hainaut, la soirée
de Noël entre frontaliers fut filmée au Volle Gas, place Fernand Coq à Ixelles.
« Dany Boon, Bouli Lanners et Benoît Poelvoorde dans notre établissement pendant
deux jours, c’était quand même très impressionnant », commente Toni, employé. «
A l’exception des tables qui ont été nappées, le décor du restaurant est resté
tel quel, ce qui a d’ailleurs amené quelques curieux depuis. J’ai moi-même été
réquisitionné par la production pour jouer mon propre rôle !
Louis-la-Brocante
Le vacarme du Sablon
Histoire d’ajouter de l’exotisme au fameux Louis-la-Brocante, Victor Lanoux a
amené son Tube à deux reprises dans notre Capitale. La première fois en 2007,
pour Louis et la belle brocante, dont le pitch l’envoyait au marché du Sablon.
Mais à cause du vacarme propre aux lieux, l’épisode fut en réalité tourné sur
les flancs de la cathédrale des
Sts-Michel-et-Gudule. Cette année enfin, l’opus Louis chez les Flamands s’est
surtout promené à Bruges, mais la gare de la ville, indisponible, fut
reconstituée dans celle de Schaerbeek.
Les Barons
Bruxelles tous azimuts
Nabil Ben Yadir a fait balader ses célèbres Barons dans une flopée de
quartiers aisément reconnaissables, de Forest à Ixelles, de Molenbeek à
Saint-Gilles, en passant par Schaerbeek et Uccle. Rue d’Hoogvorst, le Magic Land
Théâtre a quant à lui été l’un des lieux-clés du film, puisque le théâtre s’est
transformé en cabaret marquant les débuts d’humoriste d’Hassan, le rôle
principal joué par Nader Boussandel. Edouard Baer, en véreux prof de théâtre, et
Virginie Efira, en artiste incomprise, y avaient fait un crochet.