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Georges Lebouc a pris
visiblement plaisir à composer une Histoire insolite des
rues de Bruxelles, qu'il a eu l'idée de grouper par
thèmes. Ainsi nous promène-t-il des rues «forestières» aux
rues «bibliques», des «colorées» aux «héroïques»… Un
vagabondage joliment illustré de gravures anciennes, plein de
sourires et de découvertes.
Au programme : l'origine
des noms des rues, leur traduction souvent fantaisiste d'une
langue à l'autre, les changements parfois savoureux qu'ils ont
subis selon les époques. Ainsi, lors de l'Occupation française
:
Les révolutionnaires ne voulaient plus lire la
moindre allusion à la religion. Ils firent parfois preuve d'un
certain humour. C'est ainsi que la rue Saint-Pierre devint rue
de la Clef et rue Saint-Hubert rue du Chasseur! On éjecta la
rue du Paradis au profit de la rue de l'Olympe. Même la rue
des Paroissiens devint celle des Amis. Quant à la rue des
Moines, elle se mua, par dérision, en rue des Exclus! La
meilleure de ces mutations fit passer la rue Notre-Seigneur en
rue de Voltaire!
L'auteur peuple ces artères, ces
places, ces galeries de personnages, au gré d'évocations et
d'anecdotes : de Charles-Quint à Victor Hugo, de Pieter
Bruegel l'Ancien au prince de Ligne… Rappelle les événements
dont elles furent le théâtre. Nous raconte comment Bruxelles
eut son jardin zoologique, devenu le parc Léopold, ses
vignobles, et même son dirigeable, baptisé le «Belgique», qui
«fit une première sortie officielle et triomphale devant des
dizaines de milliers de personnes le 4 août 1909». Ressuscite
des lieux charmants, comme l'inoublié jardin du Mont des Arts,
conçu en 1910 à l'initiative de Léopold II (et sur ses fonds
propres!), remplacé dans les années cinquante par «cette morne
plaine entourée de murs couverts de tags» jouxtant la
Bibliothèque royale.
Nous revoici confrontés aux
mésaventures de la «modernisation». La boucle est bouclée.
Regrets compris…
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Georges Lebouc Histoire insolite des rues de
Bruxelles Bruxelles Éditions Racine 2007 206
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